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Hum, hum, ah, ah, ah, y a rien
Paroles et musique

Première chanson traditionnelle interprétée devant ma grande famille, dès l’âge de six ans. Debout sur le banc du piano, le pauvre sort de l’héroïne me laissait songeuse. Même enfant, je ne souhaitais pas épouser ni un vieillard, ni un soldat.


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Chapitre 1 - La vie dans le 2 (1964-1972)

L’hiver (1958) extrait...

Quand j’étais petite, la liste des magasins que nous fréquentions se limitait à pas grand- chose : la Coopérative agricole, deux petites épiceries où nous livrions nos œufs à chaque semaine et la procure de l’école Notre-Dame-du-Pardon. En dehors de ça, il y avait le catalogue Eaton et plus particulièrement la section des « bébelles » qui se révélait spécialement attrayante pour nous. À cette époque, nous n’avions pas à nous déplacer pour magasiner mais c’était plutôt le magasin qui venait à nous, dans chacune de nos maisons, pour répondre à nos besoins de consommateur.

C’est ainsi qu’au cours de l’automne 1958 papa avait mis le paquet. D’immenses boîtes de carton étaient arrivées par train, directement de Toronto, jusque dans le garage attenant à la maison. Elles contenaient un petit tracteur orange auquel nous pouvions fixer un « rotoculteur », une pelle à neige, une souffleuse ainsi qu’une petite remorque pour transporter le fumier de poule, des déchets de toutes sortes, et même des enfants…

Ces grosses boîtes étaient d’une solidité à toute épreuve. Nous pouvions nous réfugier debout à l’intérieur, tous les trois en même temps, ou encore, nous asseoir dans les coins, les jambes orientées vers le centre, sans même plier les genoux. Papa nous avait fait cadeau de ces boîtes en pensant que nous y trouverions quelques utilités dignes de l’imagination propre aux enfants. Nous ne l’avons pas déçu!

À l’hiver, une belle croûte épaisse avait recouvert nos collines tout entières pendant plusieurs jours, peut-être même des semaines. Ce fut l’occasion idéale pour ressortir nos grosses boîtes de carton afin d’explorer de nouvelles sensations. J’ai oublié la gymnastique que nous devions faire pour nous retrouver tous les trois assis dans le fond, mais je n’oublierai jamais l’excitation qui nous emportait quand nous nous sentions décoller lentement vers le bas de la pente. Aucun repère, sauf un ciel d’hiver qui passait au-dessus de nos têtes, le faible bruit de glissement sous nos fesses humides et nos rires complices avant d’atterrir contre un piquet de clôture, la boîte aux lettres ou, carrément dans le fossé. Ce fut un nouveau jeu qui a remplacé les skis et la traîne sauvage jusqu’au redoux du printemps. Nous avons été chanceux dans notre témérité : pas une seule dent cassée malgré des culbutes hilarantes. C’étaient de bien bonnes boîtes!