
Mademoiselle vous marierez-vous?
Paroles et musique
Partager la vie d’un petit habitant, c’est un pensez-y bien! Ce métier polyvalent a pour moteur la débrouillardise et pour essence la ténacité. Malgré toutes les embûches rencontrées, l’habitant reste toujours confiant que « tout ira mieux l’année prochaine »

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Chapitre 5 - La vie rurale (1984-1993)
Les moutons glon, glon (1985-1993) extrait...
« Tout entrain, les moulins glin glin, les moutons glon glon, la bergère au gué! » Cette chanson, interprétée par notre ami Germain des Chanteux, nous a trotté dans la tête pendant des années.
Nos Hampshire, avec leur belle tête noire et leur corps dodu à souhait se méritaient, avec raison, plein de bons commentaires de tous et chacun. Les passants s’arrêtaient sur le bord de la clôture pour les prendre en photo. Elles dégageaient une atmosphère de calme extraordinaire.
La période des agnelages venait également nous chercher par la corde sensible, peu importe le nombre d’années d’expérience dans ce domaine. C’est avec maman et Liette que j’ai goûté à ma première nuit de « sage-femme ». Paul était parti à Saint-Esprit pour prêter main forte à sa sœur Lucie qui déménageait. En termes de déménagement, nous lui en devions quelques-uns. Ce soir-là, juste avant d’aller au lit, j’étais allée faire un tour à l’étable pour vérifier si tout allait bien. J’avais constaté rapidement que Charlotte tournait en rond et piaffait de manière inhabituelle dans le parc. Ces signes avant-coureurs ne mentaient pas! Une grosse bulle d’adrénaline m’avait donné la chair de poule et j’étais rentrée en courant dans la maison pour annoncer la bonne nouvelle.
Vivement, maman et Liette avaient sauté dans leurs bottes et avaient transporté un petit banc dans l’allée centrale de l’étable pour ne pas manquer le spectacle. Le froid et l’humidité nous traversaient le corps jusqu’aux os. Tour à tour, mes assistantes allaient fumer une cigarette à l’extérieur, puis en profitaient pour ramener une petite laine supplémentaire, question de se réchauffer un peu. Après deux heures de ce régime, Liette avait fait comme quand on travaillait en équipe au collège. Elle avait sorti le grand livre d’instructions sur l’élevage des ovins et avait lu à haute voix le chapitre qui parlait des mises bas. Elle ne se gênait pas de me rappeler à l’ordre en appuyant sur « Après telle étape, le berger doit intervenir! » Mais ça s’adonnait que la bergère était sur le gros nerf et Charlotte aussi!
Finalement, à trois, nous avions réussi à l’amener dans un coin, puis fatiguée, elle s’était laissé faire. Cet agneau, son premier, était tout un spécimen. Il avait hérité de la grosse tête de son père et des longues pattes de sa mère. Toutes fières, nous l’avions surnommé Bambino, puis nous étions allées au lit vers quatre heures du matin pour essayer de dormir un peu. Quelle belle nuit! |